Maxime Ouellet
École des médias, UQAM


Maxime Ouellet est professeur à l’École des médias de l’UQAM. Il est chercheur au Centre de recherche interuniversitaire sur la communication, l’information, et la société (CRICIS) et au Groupe de recherche sur l’information et la surveillance au quotidien (GRISQ). Ses recherches portent sur le rôle de la communication dans les mutations du capitalisme contemporain, plus spécifiquement le capitalisme de surveillance et de plateforme, ainsi que sur les nouvelles formes de régulation de la pratique sociale induites par les algorithmes.

Baudrillard et la critique de l’économie politique : de l’échange symbolique au capitalisme de surveillance


La propagande se fait marketing et merchandizing d’idées forces, d’hommes politiques et de partis avec leur « image de marque ». Elle se rapproche de la publicité comme modèle véhiculaire de la seule grande et véritable idée force de cette société concurrentielle : la marchandise et la marque. Cette convergence définit une société, la nôtre, où il n’y a plus de différence entre l’économique et le politique, parce que le même langage y règne, d’un bout à l’autre, d’une société donc où l’économie politique littéralement partout est enfin pleinement réalisée. C’est-à-dire dissoute comme instance spécifique (comme mode historique de condition sociale), résolue, absorbée dans une langue sans contradictions, comme le rêve, parce que parcourue d’intensités simplement superficielles.
Jean Baudrillard, Simulacres et simulations, 1981, p.134.

C’est de l’économie politique, crétin !
Slavoj Zizek, Plaidoyer en faveur de l’intolérance, 2004, p.143

Cet essai vise à souligner la contribution de Jean Baudrillard à la critique de l’économie politique. Mon intention est de dialectiser la pensée de Baudrillard afin de montrer le rôle de la communication dans les mutations du capitalisme contemporain. Il s’agit dans un premier temps de présenter en quoi la pensée de Baudrillard peut être interprétée comme une théorie critique du mode de symbolisation propre aux sociétés capitalistes. Dans un second temps, nous verrons que son analyse de la société de consommation l’a conduit au constat de la dissolution du symbolique dans une réalité virtuelle qui se concrétise à l’heure actuelle dans le cadre d’un capitalisme de surveillance dominé par les monopoles du numérique, les GAFAM. Dans un troisième temps, nous montrerons comment le capitalisme de surveillance tire son origine de ce qu’on peut qualifier de révolution cybernétique , laquelle a consisté en une émancipation de la représentation symbolique par rapport au monde concret, donnant lieu à une logique de simulation de la réalité que l’on peut contrôler et programmer.
1. De l’échange symbolique à l’échange économique
La critique de l’économie politique du signe de Baudrillard s’inscrit dans la relecture de Marx à la lumière de la théorie du symbolique qui a été développée par la psychanalyse (Freud) et l’anthropologie (Mauss). Dans son ouvrage Économie et Symbolique , Jean-Joseph Goux ‒qui influença fortement la pensée de Baudrillard ‒ fût l’un des premiers théoriciens à voir dans la critique de l’économie politique ébauchée par Marx une théorie du mode de symbolisation propre aux sociétés capitalistes. Si la faculté de symboliser, qui est le propre de l’être humain, consiste en la capacité de représenter, de suppléer et de mettre en équivalence, le concept de fétichisme de la marchandise chez Marx vise justement à expliciter la forme nécessaire de représentation d’un rapport social particulier. En ce sens, le fétichisme ne consiste pas en une illusion subjective, il s’agit plutôt du mode de symbolisation de rapports sociaux qui sont médiatisés au moyen du travail abstrait. La marchandise, en tant que noyau cellulaire des sociétés capitalistes modernes, vient remplacer les formes de domination directes sur lesquelles reposaient les sociétés précapitalistes et fait apparaître les rapports sociaux comme des rapports entre des choses.
Il faut rappeler que l’analyse marxienne de la valeur origine du débat philosophique initié par Aristote qui distinguait l’oikos – en tant que forme naturelle de richesse nécessaire pour mener la vie bonne – de la chrématistique, qui correspond à l’accumulation sans fin d’une forme virtuelle et pervertie de richesse : l’argent . Marx pose une question centrale qui hante la philosophie depuis l’Antiquité, du moins depuis Aristote : comment l’échange est-il possible? À cette interrogation, voyant se déployer sous ses yeux une mutation radicale de la société, Marx ajoute celle-là : pourquoi les produits du travail prennent-ils la forme de la valeur dans le capitalisme? Ce qui tombe sous le sens pour le commun des mortels, et plus particulièrement pour les économistes classiques, semble être la préoccupation centrale de Marx, même si les marxistes, trop occupés à dénoncer l’exploitation, n’y voient là que de vulgaires réminiscences de ses anciennes coquetteries hégéliennes. En clair, il se demande quelles sont les conditions sociales, politiques et culturelles qui rendent possible l’avènement du capitalisme. C’est à ces questions qu’il cherchera à répondre avec sa théorie du fétichisme de la marchandise exposée dans les deux premiers chapitres du Capital . En suivant Baudrillard, il est possible de soutenir l’hypothèse que la valeur, comprise en tant que norme instituée de régulation de la pratique sociale, ne peut surgir qu’au moment où les anciennes médiations symboliques constitutives des sociétés traditionnelles ont été dissoutes. C’est là, il me semble l’apport principal de Baudrillard à la critique de l’économie politique. En effet, le passage de l’échange symbolique à l’échange économique (de la valeur symbolique à la valeur d’échange) ne peut surgir qu’une fois que le rapport symbolique qui liait le sujet à l’objet a été dissout, c’est-à-dire lorsque que les biens ont été dé-symbolisés et leur production dé-normativisés . Contre le marxisme orthodoxe, l’analyse de Baudrillard de la société de consommation montre qu’il est insuffisant d’opposer la valeur d’usage à la valeur d’échange en mobilisant le travail concret contre le travail abstrait, puisque tous deux sont médiatisés par la forme-valeur.
2. Capitalisme avancé et société de consommation
L’apport de Baudrillard à la critique de l’économie politique a donc consisté à prolonger à la valeur d’usage la critique du fétichisme de la marchandise qui, chez Marx, portait uniquement sur la valeur d’échange. En s’appuyant sur l’analyse de Veblen portant sur la consommation ostentatoire, Baudrillard montre que tout comme la finalité du travail dans les sociétés capitalistes est fondamentalement tautologique ‒le travail vise uniquement sa reproduction élargit, c’est-à-dire à produire davantage de nouveau travail ‒ la consommation dans les sociétés capitalistes avancées est également tautologique : on ne consomme pas les objets en fonction de leur valeur d’usage, mais plutôt en fonction de leur valeur-signe . Bref, on consomme uniquement afin de montrer aux autres que l’on consomme.
L’analyse de la société de consommation élaborée par Baudrillard consiste, comme plusieurs l’ont noté, en un prolongement de la critique de la Société du spectacle élaborée initialement par Guy Debord . Le spectacle selon Debord, est le «stade ultime du fétichisme de la marchandise » qui mène à une « inversion concrète de la vie » puisque la représentation du réel produite par les médias de masse résulte d’une « praxis sociale globale qui s’est scindée en réalité et en image ». En définissant le spectacle comme un «rapport social entre des personnes médiatisé par des images », Debord demeure fidèle à une ontologie réaliste, celle de la dialectique de la praxis. Le spectacle correspond donc en une médiation sociale fétichisée qui repose sur une inversion du réel et de sa représentation. Baudrillard, sous l’influence de McLuhan , pour qui «le medium est le message», radicalisera l’analyse de Debord ce qui le conduira à défendre l’hypothèse nihiliste selon laquelle la réalité a toujours été une illusion. Si cette dissolution de l’efficacité symbolique, pour reprendre la formule de Slavoj Zizek, décrit bien la réalité social-historique du monde postmoderne, il est nécessaire d’un point de vue critico-dialectique d’expliquer son ontogénèse dans la pratique sociale, faute de quoi nous sommes contraints d’accepter le nihilisme de Baudrillard. Comme le souligne Michel Freitag:
«Mais ici encore, le message ne se confondra pas auto-référentiellement avec le médium. Pour que cela puisse se produire, il faut que la technique de la communication s’impose directement au mode d’expression en s’émancipant du champ symbolique qui reste structuré, à son fondement le plus général, par le langage commun tout en référant à une expérience au moins virtuellement ou idéalement commune. Or une telle rupture ne se produit précisément que lorsque les « techniques » de la transmission significative s’émancipent de l’acte de la communication symbolique (en devenant par exemple des techniques «industrielles» dont la production et la maîtrise échappe aux interlocuteurs pour être produite et contrôlée par les « propriétaires » des médias), et qu’elles s’imposent néanmoins à eux comme condition de leur interaction significative. Il y a alors une dépossession du symbolique, à laquelle McLuhan a sans doute été très sensible en observant le développement des médias technologiques de la communication qui sont propres au monde contemporain, mais il n’a pas su les juger de manière critique. Il a immédiatement ontologisé le déficit ou la perte ontologique qui résultait de cette appropriation instrumentale du symbolique. Pensée prémonitoire, mais rien de plus. Bonjour les dégats! ».
3. Financiarisation, simulation et capitalisme de surveillance
Le processus de dissolution du symbolique dans une réalité virtuelle doit donc être expliqué historiquement afin d’éviter de tomber dans le piège nihiliste dans lequel nous pousse la pensée de Baudrillard. La genèse de «l’implosion du sens dans les médias » que décrit Baudrillard dans Simulacre et simulations tire ses origines de la révolution épistémologique qu’a réalisée la cybernétique et son application pratique dans l’informatique et l’intelligence artificielle. La cybernétique consiste en effet dans l’apogée du processus d’abstraction et de mathématisation du réel qui est au fondement de la science moderne. La principale différence est alors que les mathématiques modernes avaient pour fondement la quantification du réel, la cybernétique s’émancipe de son attache au monde concret pour devenir une pure simulation du réel qu’on peut conséquemment programmer et contrôler. En effet, le modèle de l’économie politique classique s’appuyait sur la réalité matérielle du travail compris d’un point de vue ontologique comme activité productive de l’objectivité sociale par un sujet (théorie de la valeur-travail). Il trouvait sa caution scientifique au sein de la théorie physique newtonienne et sa conception abstraite de l’espace-temps qui reposait sur l’horloge comme objet fétiche . Comme le disait Lewis Mumford dans Technique et civilisation : « La machine-clé de l’âge industriel moderne, ce n’est pas la machine à vapeur, c’est l’horloge. Dans chaque phase de son développement, l’horloge est le fait saillant et le symbole de la machine ». Dans ce que Soshana Zuboff nomme le capitalisme de surveillance , que je préfère pour ma part appeler capitalisme cybernétique , le fétichisme de l’ordinateur se superpose à celui de l’horloge et permet l’émancipation de la réalité matérielle afin d’anticiper les flux de revenus futurs et de capitaliser dans la sphère boursière. Le capitalisme de surveillance poursuit en ce sens la logique qui est propre au capitalisme avancé où l’accumulation du capital ne s’effectue plus au moyen de la concurrence par les prix, mais grâce à la capacité des corporations de quantifier l’inquantifiable (par exemple la subjectivité et les émotions humaines grâce au sentiment analysis) à travers différents moyens politiques, techniques et juridiques, permettant ainsi de transformer l’ensemble de la vie sociale en flux numériques de revenus futurs qu’il est possible de s’approprier.
L’effondrement des accords de Bretton Woods à la suite de la décision de Nixon de dissocier la convertibilité du dollar en or comme fondement des échanges financiers internationaux peut être considéré comme l’acte fondateur de l’actuel capitalisme de surveillance, puisqu’il a consisté à substituer aux anciennes médiations institutionnelles qui permettaient aux États de contrôler politiquement leur monnaie, la logique d’automatisation propre aux marchés financiers informatisés. En dématérialisant la représentation de la valeur monétaire qui était autrefois liée à l’or, un nouvel équivalent général, l’information, a été institué . Dans le système financier automatisé, la valeur devient un pur signe autoréférentiel, un simulacre décroché de tout ancrage matériel, permettant la réalisation spéculative d’un profit futur dans le présent immédiat. En permettant de rendre liquide des actifs illiquides au moyen des mécanismes de titrisation, les produits dérivés vont réaliser au sein de la pratique financière la dissolution des catégories dualistes qui étaient au fondement de l’économie politique classique. Argent/capital, capital fixe/capital variable, producteur/consommateur, rente/profit, valeur d’usage/valeur d’échange, sont subsumés dans une réalité virtuelle qui n’a plus d’attaches ontologiques. Selon la logique des produits dérivés, la valeur sous-jacente d’un actif ne correspond plus à aucune valeur fondamentale, celle-ci est plutôt dérivée d’un autre actif. C’est au moyen de l’abstraction du risque propre à chaque actif particulier qu’il est possible de les rendre commensurables et de les échanger sur les marchés financiers.
La logique des produits dérivés se trouve également au fondement des processus de personnalisation des contenus, des services, et des publicités qu’on retrouve dans les plateformes de médias sociaux comme Facebook ou Google. En effet, de la même manière que les produits dérivés sont composés d’une multitude de fragments de risques abstraits réunis sous la forme d’un actif ne correspondant à aucune réalité matérielle sous-jacente, les profils des utilisateurs sont dérivés d’une multitude de comportements d’autres utilisateurs qui sont recomposés sous la forme d’une identité virtuelle ne correspondant pas évidemment à l’identité réelle d’un individu . Tout comme le marché financier des contrats à termes rend possible l’établissement d’un prix sur un actif dans le futur, les surplus dérivés des comportements des usagers appropriés par les plateformes permettent de fixer une valeur monétaire à la prédiction de leurs comportements futurs dans le cadre d’enchères automatisées.
Conclusion :
Comme l’a montré Baudrillard, le passage de l’échange symbolique à l’échange économique correspond en un fait social total. C’est dans la dissolution du symbolique qui s’est opérée dans la société de consommation qu’on peut trouver le fondement de la perte de sens propre à la postmodernité au sein de laquelle le contrôle algorithmique orchestré par les géants du capitalisme de surveillance participe à la gestion technocratique du social. En effet, la dette de sens constitutive de l’échange symbolique repose sur un fait social fondamental : nous devons la vie aux générations qui nous ont précédé et c’est nécessairement pourquoi le regard des sociétés prémodernes est tourné vers le passé. À la notion de dette est nécessairement liée celle de crédit. La racine étymologique de crédit, provient du mot latin credere, qui signifie croire ou croyance. La croyance en une institution symbolique (le Cosmos, les Esprits, le Peuple, la Nation, le Prolétariat) qui transcende la réalité strictement empirique de l’individu est au fondement de tout lien social. Il me semble que c’est la une des leçons que l’on peut tirer de la pensée de Baudrillard : les individus post-modernes que nous sommes, qui se croient émancipés de toute forme de détermination religieuse ou métaphysique ont institué une forme séculière de religion − l’économie − qui plonge nos sociétés dans une domination tout aussi brutale − parce qu’invisible − que les formes d’oppressions directes des sociétés antérieures. Aux rapports de dépendance qui liaient les individus dans les sociétés traditionnelles − qui prenait notamment la forme d’une dette symbolique − vient se substituer un rapport d’interdépendance algorithmique dépersonnalisé, celui de l’argent (dématérialisé et numérisé) qui s’exprime dans la dette économique (virtuelle), laquelle, nous le rappelle Baudrillard, ne pourra jamais être remboursée.
Références
À ce sujet voir Maxime Ouellet, La révolution culturelle du Capital. Le capitalisme cybernétique dans la société globale de l’information, Montréal, Écosociété, 2016.
Jean-Joseph Goux, Freud, Marx. Économie et symbolique, Paris, Seuil, 1973.
Aristote, Politiques, Paris, Flammarion, 1993, p.110-133.
Karl Marx, Le Capital, Paris, PUF, 1993.
À ce sujet voir, Aldo Haesler, « L’accident économique », Société, no 6, automne 1989, p. 161-207.
Thorstein Veblen, Théorie de la classe de loisir, Paris, Gallimard, 1978.
Robert Kurz, « L’honneur perdu du travail. Le socialisme des producteurs comme impossibilité logique », Conjonctures, no 25, printemps 1997.
Jean Baudrillard, La société de consommation, Paris, Gallimard, 1986.
Guy Debord, La société du spectacle, Paris, Gallimard, 1992.
Daniel Bensaïd, Le Spectacle, stade ultime du fétichisme de la marchandise, Paris, Lignes, 2011,
Debord, op. cit., p.16
Jean Baudrillard, «Requiem pour les médias», dans Pour une critique de l’économie politique du signe, Paris, Gallimard, 1977, p. 200-228.
Michel Freitag, «La dissolution systémique du monde réel dans l’univers virtuel des nouvelles technologies de la communication informatique: une critique ontologique et anthropologique», dans Mattelart et Tremblay, 2001 Bogues. Globalisme et Pluralisme. Vol.4 Communication, démocratie et globalisation, Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2003, pp.284-285.
Jean Baudrillard, «L’implosion du sens dans les médias», dans Simulacres et Simulation, Paris : Galilée, 1981, p. 119-130. Jean Baudrillard, Simulacres et Simulation, Paris : Galilée, 1981.
Alain Supiot, La gouvernance par les nombres, Paris, Fayard, 2015.
Lewis Mumford, Technique et civilisation, Paris, Seuil, 1950, p. 23.
Soshana Zuboff, The age of surveillance capitalism. The fight for a human future at the new frontier of power, New York, Public Affairs, 2019
Le concept de capitalisme cybernétique est utilisé pour décrire l’intégration des mécanismes cybernétiques dans les différents secteurs de l’économie qualifiée injustement de «post-industrielle». Il permet de rendre compte des liens entre la montée en puissance des multinationales de l’information qui dominent le capitalisme de plateforme, le biocapitalisme et l’informatisation de la biologie ainsi que des transformations fondamentales qui prennent place dans le domaine du trading algorithmique participant au développement de la financiarisation de l’économie. À ce sujet Michael A. Peters, «The University in the Epoch of Digital Reason: Fast Knowledge in the Circuits of Cybernetic Capitalism», Analysis and Metaphysics, 2015, no 14, pp. 38–58; voir aussi Kevin Robbins, «Cybernetic Capitalism: Information, Technology, Everyday Life» dans Vincent Mosco and Janet Wasko, (eds.), The Political Economy of Information, Madison, The University of Wisconsin Press, 1988, pp. 45-75, et Maxime Ouellet, La révolution culturelle du Capital. Le capitalisme cybernétique dans la société globale de l’information, Montréal, Écosociété, 2016.
Supiot, op. cit Dick Bryan et Michael Rafferty, « Fundamental value : a category in transforma¬tion », Economy and Society, vol. 42, no 1, 2013, p. 130-153.
Edward LiPuma et Benjamin Lee, « Financial derivatives and the rise of circula¬tion », Economy and Society, vol. 34, no 3, 2005, p. 404-427.
Adam Arvidsson, «Facebook and Finance: On the Social Logic of the Derivatives», Theory, Culture & Society, Vol. 33, no 6, 2016, pp. 3–23.
Soshana Zuboff, The age of surveillance capitalism. The fight for a human future at the new frontier of power, New York, Public Affairs, 2019.
Jean Baudrillard, «Dette mondiale et univers parallèle», Libération, lundi 15 janvier 1996, page 5.